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Bilan osseux : quand et comment faire une ostéodensitométrie DXA

9 min de lecture

Stethoscope sur un bureau medical
Photo : Bilan osseux : quand et comment faire une ostéodensitométrie DXA
Dans ce texte
  1. Pourquoi faire un bilan osseux ?
  2. Qui devrait envisager un bilan osseux ?
  3. Quel examen et comment se déroule l’ostéodensitométrie (DXA) ?
  4. Comment est utilisée la mesure : interprétation simple
  5. Quand refaire un bilan ? Suivi et fréquence
  6. Cas particuliers
  7. Outils d’évaluation du risque (FRAX et autres) — rôle et limites
  8. Que faire si le bilan montre une ostéopénie ou une ostéoporose ?
  9. Foire aux questions pratiques
  10. Action concrète et disclaimer
  11. Résumé synthétique (tableau)

Le bilan osseux vise à établir la densité minérale osseuse et à évaluer le risque de fracture pour orienter la prévention et la prise en charge. Ce texte explique quand envisager une ostéodensitométrie (DXA), quelles situations la justifient, comment se déroule l’examen et ce que peuvent être les suites cliniques.

Pourquoi faire un bilan osseux ?

Bilan osseux : quand et comment faire une ostéodensitométrie DXA

La mesure de la densité minérale osseuse (DMO) par ostéodensitométrie DXA est la méthode de référence pour quantifier la masse osseuse. Elle se pratique classiquement au rachis et au col fémoral. L’objectif principal est d’évaluer le risque de fracture lié à la fragilité osseuse.

Le bilan osseux ne se limite pas à un chiffre. Il s’inscrit dans une évaluation globale du risque fracturaire. Les professionnels combinent la DMO avec des éléments cliniques : antécédent de fracture de fragilité, âge, corticothérapie, antécédents familiaux, habitudes de vie et maladies secondaires. Plusieurs guides et synthèses indiquent que la décision thérapeutique ne repose pas uniquement sur la DMO.

Outre la DMO, d’autres examens peuvent compléter l’évaluation : radiographies pour rechercher des fractures vertébrales, VFA (visualisation des fractures vertébrales) réalisées sur certains appareils DXA, et bilans biologiques ciblés selon le contexte clinique.

Qui devrait envisager un bilan osseux ?

La prescription d’un bilan osseux dépend du profil et des facteurs de risque. Les recommandations nationales et internationales proposent des repères clairs pour orienter la décision.

Chez la femme ménopausée, la plupart des guides recommandent un dépistage systématique à partir d’un certain âge. Les documents cités mentionnent un seuil pour proposer la DMO chez les femmes âgées de 65 ans ou plus. Chez les femmes âgées de 50 à 64 ans, l’évaluation doit commencer par une recherche de facteurs de risque cliniques avant de pratiquer une DMO.

Pour les hommes, les recommandations sont moins homogènes. Les revues internationales notent un manque de preuves pour un dépistage systématique chez tous les hommes. Elles préconisent un dépistage ciblé selon l’âge et la présence de facteurs de risque spécifiques. La décision doit être discutée avec le médecin.

La corticothérapie systémique prolongée constitue une indication reconnue pour une évaluation de la DMO. Les recommandations citent une durée minimale et une dose de référence : corticothérapie ≥ 3 mois à dose équivalente prednisone ≥ 7,5 mg/jour, avec, si possible, une évaluation en début de traitement.

D’autres situations justifient d’envisager un bilan : antécédent de fracture de fragilité, imagerie montrant une ostéopénie ou une fracture vertébrale morphométrique, signes d’hypogonadisme, maladies entraînant une malabsorption, maladies inflammatoires, insuffisance rénale avancée et certains traitements susceptibles d’altérer le tissu osseux (par exemple des traitements oncologiques ou endocriniens cités dans les guides).

Enfin, des signes cliniques comme une perte de taille significative ou une douleur rachidienne inexpliquée peuvent motiver une évaluation. Ces signes doivent être discutés avec le professionnel de santé qui décidera des examens appropriés.

Quel examen et comment se déroule l’ostéodensitométrie (DXA) ?

L’ostéodensitométrie DXA est un examen non invasif. Il mesure la densité minérale osseuse sur des sites standardisés, classiquement le rachis lombaire et le col fémoral. L’irradiation est très faible.

Le patient est allongé sur une table pendant quelques minutes pendant que l’appareil réalise les acquisitions. L’examen est indolore et ne nécessite pas d’anesthésie. Dans certains cas, une VFA (film vertébral) peut être demandée pour détecter des fractures vertébrales silencieuses à partir de la même acquisition.

Selon la situation clinique, le médecin peut compléter l’examen par des radiographies ciblées ou par un bilan biologique pour rechercher des causes secondaires d’ostéoporose.

Comment est utilisée la mesure : interprétation simple

Les résultats de la DMO sont présentés sous la forme de scores couramment appelés T-score et Z-score. Ces termes servent à comparer la densité osseuse du patient à des valeurs de référence adaptées à l’âge et au sexe. L’interprétation tient compte du score, mais aussi des facteurs cliniques et des antécédents.

Les outils d’évaluation du risque fracturaire, tels que FRAX, sont largement utilisés pour intégrer la DMO et les facteurs cliniques dans une estimation du risque. Les recommandations recommandent d’utiliser un score de risque pour décider s’il faut compléter l’évaluation par la DMO et pour guider la décision thérapeutique, notamment chez les personnes âgées de 50 à 64 ans présentant des facteurs de risque.

La décision de proposer un traitement ne repose donc pas uniquement sur la DMO. Les guides insistent sur l’analyse globale du risque fracturaire.

Quand refaire un bilan ? Suivi et fréquence

La fréquence de répétition d’une DMO dépend du contexte clinique. Elle varie selon la présence d’un traitement, la vitesse de perte osseuse soupçonnée et l’importance des facteurs de risque. Les recommandations rapportées indiquent que la DMO ne doit être répétée que si le résultat peut raisonnablement conduire à une modification de la prise en charge.

Le choix du timing appartient au médecin. La décision tient compte de l’état initial, des changements cliniques et de la réponse au traitement éventuel. Les guides et synthèses consultés soulignent l’individualisation du rythme de surveillance.

Cas particuliers

Certaines situations requièrent une attention spécifique. La corticothérapie prolongée, la ménopause précoce, la chirurgie bariatrique et certaines maladies chroniques figurent parmi les facteurs qui augmentent le risque osseux et justifient une évaluation ciblée.

Les documents officiels listent ces situations et recommandent d’évaluer le risque osseux lorsque ces facteurs sont présents. Dans chaque cas, l’examen clinique et l’histoire thérapeutique orienteront la nature et le calendrier des examens complémentaires.

Outils d’évaluation du risque (FRAX et autres) — rôle et limites

FRAX est présenté par de nombreuses recommandations comme un outil d’aide à la décision. Il combine des facteurs cliniques et, lorsqu’il est disponible, la DMO pour estimer le risque fracturaire. Cet outil aide à déterminer si une DMO additionnelle ou un traitement est justifié.

Les limites de ces outils doivent être rappelées. Ils ne remplacent pas l’évaluation clinique individualisée. Certains facteurs spécifiques peuvent nécessiter des ajustements ou des examens complémentaires. Les guides insistent sur l’usage des scores comme support décisionnel, et non comme seul critère.

Que faire si le bilan montre une ostéopénie ou une ostéoporose ?

La découverte d’une ostéopénie ou d’une ostéoporose conduit à une discussion clinique. Le médecin évaluera le risque fracturaire global et proposera des mesures adaptées. Ces mesures peuvent inclure des actions non médicamenteuses : conseils sur l’activité physique, évaluation des apports calciques et en vitamine D, adaptation des facteurs de risque modifiables.

Un traitement médicamenteux peut être envisagé si le risque fracturaire global est jugé élevé. La HAS a actualisé ses avis sur le bon usage des médicaments de l’ostéoporose et insiste sur l’indication thérapeutique en fonction du risque fracturaire global plutôt que sur la seule DMO.

Toute décision thérapeutique doit être prise avec un professionnel de santé. Ce texte n’indique pas de listes de médicaments ni de schémas thérapeutiques.

Foire aux questions pratiques

Q : À quel âge commencer ?

R : Voir les sections ci‑dessus. Les recommandations citent un dépistage systématique chez les femmes âgées de 65 ans et plus. Pour les femmes de 50 à 64 ans, l’évaluation des facteurs de risque guide le recours à la DMO.

Q : Mon médecin m’a prescrit une DXA — que vérifier ?

R : Évoquer les antécédents de fracture, la prise chronique de corticoïdes, les traitements en cours et les signes cliniques tels que la perte de taille. Demander comment le résultat influera sur la prise en charge.

Q : Est‑ce remboursé ?

R : La prise en charge dépend des indications médicales. Pour les modalités pratiques et les conditions de remboursement, se reporter aux informations disponibles sur les pages officielles d’assurance maladie.

Action concrète et disclaimer

Contactez votre médecin pour discuter d’un bilan osseux si vous avez des facteurs de risque évoqués dans ce texte. Les éléments présentés ici sont informatifs et ne remplacent pas une consultation.

Article d’information : ceci ne remplace pas un avis médical personnalisé. Pour une décision médicale, consultez votre médecin.

Résumé synthétique (tableau)

Situation Action recommandée
Femme ≥65 ans Proposer une évaluation par DMO selon les recommandations
Femme 50–64 ans Rechercher facteurs de risque cliniques avant DMO
Homme Dépistage ciblé selon présence de facteurs de risque; discuter avec le médecin
Corticothérapie ≥3 mois (prednisone ≥7,5 mg/j équivalent) Évaluer la DMO, idéalement en début de traitement
Antécédent de fracture de fragilité ou signes radiologiques Évaluer le risque fracturaire et envisager DMO

Sources principales (consultées le 04/09/2026)

  • Ameli — L’ostéodensitométrie : https://www.ameli.fr/assure/sante/assurance-maladie/prevention-depistages/osteodensitometrie
  • Haute Autorité de Santé (HAS) — « Ostéoporose : prévenir la survenue des fractures » : https://www.has-sante.fr/jcms/pprd_2974160/en/osteoporose-prevenir-la-survenue-des-fractures
  • HAS — actualisation 2023 « La HAS actualise ses recommandations de bon usage des médicaments de l’ostéoporose » : https://www.has-sante.fr/jcms/p_3407696/fr/la-has-actualise-ses-recommandations-de-bon-usage-des-medicaments-de-l-osteoporose
  • HAS — PNDS / argumentaire : https://has-sante.fr/upload/docs/application/pdf/2021-11/argumentaire_cbp_vf_has.pdf
  • USPSTF — Recommendation: Osteoporosis Screening : https://www.uspreventiveservicestaskforce.org/uspstf/recommendation/osteoporosis-screening
  • Revue / synthèse internationale (PMC) — Recommendations on screening for primary prevention of fragility fractures : https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC10166624/
  • ACOG — Osteoporosis prevention, screening and diagnosis : https://www.acog.org/clinical/clinical-guidance/clinical-practice-guideline/articles/2021/09/osteoporosis-prevention-screening-and-diagnosis
  • Osteoporosis International — The clinician’s guide to prevention and treatment of osteoporosis (DOI) : https://doi.org/10.1007/s00198-021-05900-y

Thomas Benoit

Rédacteur spécialisé · ostéoporose, alimentation, exercices

Thomas rédige des articles sur l'ostéoporose, l'alimentation et les exercices bénéfiques pour les os. Il vérifie les faits en croisant plusieurs sources et en se basant sur des recherches solides.

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